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David SUarez, délégué multisports

Délégué Ufolep du Loiret

À 49 ans, dont vingt comme éducateur sportif puis délégué départemental du Loiret, David Suarez a appris à connaître de l’intérieur l’Ufolep et la Ligue de l’enseignement. Son parcours éclaire aussi la façon dont, de fil en aiguille, un étudiant tout juste sorti de la fac a fait sienne une certaine idée du sport…

« Après une quasi-maîtrise de Staps – il me manque le rapport de stage, j’étais alors un peu perturbé par la naissance de ma fille –, j’effectuais parmi divers petits boulots des animations hebdomadaires pour Profession Sport. L’une d’elles se déroulait sur le terrain des gens du voyage d’Orléans : j’arrivais avec mes propres ballons et j’utilisais les installations disponibles : une table de ping-pong en béton, un petit plateau goudronné, un mauvais terrain de foot en calcaire » se souvient David Suarez, qui fait alors appel à toute son expérience d’entraîneur d’équipes de jeunes de handball.

DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT À L’UFOLEP

Le mercredi, David côtoie et sympathise avec les éducateurs du centre de loisirs attenant, qui accueille le même public. Un centre géré par la Ligue de l’enseignement, qu’il rejoint lorsqu’un poste se libère. « Nous nous efforcions d’ouvrir ces enfants sur l’extérieur, avec des sorties en ville ou au lac de Cerdon, en Sologne : c’est là que j’ai rencontré l’équipe Ufolep, lors d’une journée canoë et vélo… » Du coup, on pense à lui quand, en 1999, un poste d’éducateur sportif chargé de développement est créé – via le dispositif emploi-jeune – pour épauler le délégué départemental, Alain Garnier : « J’ai développé le futsal, qui a réuni jusqu’à 15 équipes avant d’être phagocyté par la FFF, ainsi que le multisports. J’intervenais auprès de plusieurs communes et d’un centre social de Pithiviers. J’y travaillais avec des jeunes des quartiers qu’il fallait d’abord convaincre qu’il n’y avait pas que le foot dans la vie, mais aussi le basket, le badminton ou l’ultimate… Cela a pris quelques semaines, mais ça a marché. »

Et quand en 2005 l’heure de la retraite sonna pour le délégué, que croyez-vous qu’il arriva ? « La succession a été bien préparée : la saison précédente, j’ai été présenté aux membres des commissions sportives et informé des dossiers. À ma place, nous avons recruté une éducatrice, avec qui j’ai mis l’accent sur le sport féminin et ce que nous n’appelions pas encore le secteur “sport et société”. Jeunesse et Sports a d’ailleurs été sensible au fait que nous nous adressions à de nouveaux publics, tant en ville qu’à la campagne, en passant par les maisons de retraite, et nous a apporté son soutien », souligne le délégué.

Mais David Suarez n’oublie pas que le secteur « sport éducation » demeure le socle de l’Ufolep Loiret : « La subvention du conseil général, calculée exclusivement au regard du nombre de licenciés, est là pour nous le rappeler. » En revanche il s’efforce de se démarquer des fédérations délégataires, avec des pratiques tournées vers le loisir. « C’est le cas en volley-ball, où cette année nous sommes passés de zéro à 120 licenciés en répondant à la demande de clubs qui aspiraient à moins de contraintes d’ordre administratif » explique le délégué.

David Suarez s’efforce également de développer le lien entre les associations. « Cet esprit de convivialité et de solidarité est particulièrement présent en natation, qui historiquement est notre activité phare. Et il s’est récemment renforcé en VTT après l’organisation, en avril 2014, du National Ufolep, à laquelle tous les clubs ont activement participé. »
En revanche, en dépit de deux ou trois initiatives couronnées de succès, David peine à développer autant qu’il le souhaiterait le concept de « plurisport », qui incarne pourtant à ses yeux l’essence même de l’esprit Ufolep. « Souvent, les associations apprécient qu’on leur propose une telle animation de manière ponctuelle, lors d’une période de vacances par exemple. Mais le reste du temps elles demeurent attachées à leur discipline de base » observe-t-il.

PROJET COMMUN

Lui qui a connu l’Ufolep à travers ses interventions auprès d’un centre de la Ligue de l’enseignement regrette également que, malgré divers échanges et collaborations – la promotion auprès du réseau Ligue des formations aux premiers secours (PSC1) de l’Ufolep, par exemple –, les deux structures ne possèdent pas véritablement de « projet commun » dans le département. Mais ce sera peut-être le cas en 2016 : « Je souhaite que nous organisions conjointement, une étape du Playa Tour : Ufolep et Ligue de l'enseignement, sport et culture, ça va bien ensemble, non ? »

Philippe BRENOT

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