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Carole Garcia, investie sur l'éducation à l'environnement et au développement durable

En charge de la citoyenneté et du développement durable à la Ligue de l'enseignement de Gironde

Déléguée de la Ligue de l’enseignement de Gironde en charge de la citoyenneté et du développement durable, Carole Garcia invite associations et habitants à se réapproprier l’espace urbain et la gestion de leur ville. Au niveau de la Ligue nationale, Carole mène également une mission relative au label CED (citoyenneté-environnement-développement durable).

Un jour, un gamin croisé au détour d’une animation de quartier glisse à Carole Garcia : « Je ne suis pas Français parce que je m’appelle Mohamed. » Un garçon pourtant né dans l’Hexagone, intégré, scolarisé. Ce jour-là, la déléguée de la Ligue de l’enseignement de Gironde mesure jusqu’à quelles profondeurs pouvaient être ancrées de telles représentations. « Des idées reçues déconnectées du réel qu’il est aujourd’hui urgent de déconstruire, observe la jeune femme, en apportant aux populations des clés de compréhension culturelle. » Pour ainsi « revenir aux bases » de l’éducation des citoyens, dit-elle en reprenant Condorcet.

Sémillante quadragénaire, Carole Garcia milite depuis une quinzaine d’années au sein de la Ligue de l’enseignement de Gironde, où elle est en charge de la citoyenneté, de l’environnement et du développement durable, et aussi responsable du dispositif départemental du service civique. « J’ai tracé ma voie », glisse-t-elle en racontant les débats familiaux mouvementés qui ont forgé ses convictions d’adolescente, l’engagement politique et syndical de son père et son éducation « citoyenne ». « Il me tardait d’avoir 18 ans pour prendre mon élan ! » D’abord en obtenant le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur puis, après des études d’histoire de l’art à l’université de Bordeaux, en décrochant un diplôme d’État de directeur de projet d’animation et de développement local. Parce que Carole Garcia veut inscrire ses actions dans le local, la voilà prête à remettre en question ses pratiques pour les adapter à la réalité des territoires et des quartiers qu’elle parcourt inlassablement.

Faire vivre le patrimoine bordelais

Dans le cadre des projets d’éducation à l’environnement urbain qu’elle pilote, Carole Garcia invite associations et habitants à se réapproprier la gestion de leur ville. Avec la fédération de Gironde, elle multiple les actions pour promouvoir l’écocitoyenneté, repenser le cadre de vie ou faire vivre le patrimoine culturel et historique. « Ces initiatives sont menées dans des territoires urbains où les risques de marginalisation des populations sont importants », explique-t-elle. Dans le quartier dit sensible des Aubiers, à Bordeaux, les jeunes sont ainsi encouragés à réinventer leur décor quotidien en réalisant des œuvres graphiques et en faisant vivre leurs halls d’immeubles.

« Quand 80 % de la population est citadine, il faut appréhender la ville comme un environnement à part entière », insiste la déléguée. Elle énumère des animations aux consonances étranges : tchoukball, korfball, kid bike… Des sports plébiscités par les jeunes et proposés par la Ligue de l’enseignement dans le cadre de son dispositif pédagogique « vacances in situ ». Ils sont pratiqués au pied même des immeubles pour attirer ceux qui ne fréquentent pas les structures d’accueil locales ouvertes aux jeunes.

Enfant des colonies de vacances

« L’éducation populaire? Je suis tombée dedans. Je suis une enfant des colonies de vacances, de la vie associative. » Elle se souvient notamment de l’association « Via la rue » qu’elle présidait voilà quelques années, créée dans son quartier de Bordeaux, où les énergies et les envies étaient telles qu’elles donnèrent naissance à un festival des arts de la rue. Des jongleurs, des bateleurs et des saltimbanques coachés par une présidente ultramotivée que l’on retrouvera plus tard investie au sein des « Journades de Villandraut », association porteuse d’initiatives culturelles dans le sud de la Gironde. Ou encore engagée dans le projet « Adichats », qui rassemble des bénévoles convaincus de la nécessité de mettre en valeur les vieilles pierres et le patrimoine ancien.

Parfois des doutes

Autant d’actions qui ont contribué à façonner ses certitudes et qui l’accompagnent lorsque parfois le doute s’insinue. « Le tissu associatif est fragilisé par le contexte économique, analyse-t-elle, et il faut se battre pour trouver des financements et faire avancer nos actions. » Se bouger pour continuer d’exister. « C’est parfois fatiguant… Mais cela en vaut la peine parce que nous portons des valeurs essentielles. » Carole Garcia attend avec quelques inquiétudes l’annonce de la liste des quartiers prioritaires susceptibles de bénéficier des crédits du ministère de la Ville, qui sera connue au printemps. Une évolution qui impactera fortement l’aménagement de certains territoires puisque la réforme de la politique de la Ville prévoit que plusieurs centaines de communes ne seront plus concernées par le dispositif. « De nombreuses actions ne deviendront de fait plus prioritaires, relève-t-elle. Ce qui pourrait avoir des conséquences importantes sur l’avancée de nos projets. »

Il faudra à la Ligue de l’enseignement de Gironde encore davantage mutualiser ses compétences et intensifier son travail en réseau. « Toutes nos initiatives sont déjà pilotées en concertation et en collaboration avec les acteurs locaux, précise la déléguée. Nous nous appuyons particulièrement sur le tissu associatif et sur les collectivités en travaillant aux côtés et non à la place des élus et des militants. » Et d’ajouter : « Nous avons la chance d’être un réseau national. Les orientations de la Ligue nourrissent nos projets fédéraux. »

Carole Garcia travaille auprès de plusieurs communes à la déclinaison de l’Agenda 21 dans leurs politiques publiques locales, c’està-dire à la mise en œuvre de plans d’action qui portent le développement durable dans toutes les compétences de la collectivité : gestion des déchets, santé, pauvreté, logement, pollution, etc.

Investie d’une mission sur le développement durable

Avec la communauté de communes du Réolais, territoire rural de Gironde, et avec la ville de SaintAubin de Médoc, commune de l’aire urbaine de Bordeaux, elle intervient dans le cadre de « séminaires d’exploration des controverses ». Ou comment questionner les pratiques pour favoriser une culture commune du développement durable auprès des acteurs éducatifs locaux. Voilà quelques mois, l’un de ces séminaires portait sur le thème : « Développement durable, nécessité ou imposture? » L’occasion de faire reculer, là encore, fausses représentations et interprétations erronées. « C’est notre travail que de contribuer à l’éducation de tous », sourit-elle. Celle des acteurs publics comme celle des citoyens, des élus comme des habitants des quartiers.

Sur la question du développement durable toujours, Carole Garcia porte également une mission de déléguée nationale relative au label « CED », pour « citoyenneté, environnement et développement durable ». Ce label interne à la Ligue de l’enseignement « valide » les démarches d’éducation au développement durable des structures d’accueil de classes de découvertes de ses fédérations. « Cette certification est un programme éducatif dédié à l’environnement et à la citoyenneté », détaille-t-elle. Il évalue toutes les activités pratiquées dans les centres, qui, pour bénéficier du label, doivent associer les acteurs locaux à leurs projets.

La déléguée s’implique à fond dans cette mission pour que la démarche de labellisation ne devienne pas une nouvelle norme « hors sol ». « La Ligue de l’enseignement doit s’attacher à mettre constamment en tension la théorie et le réel », martèle-t-elle. Pour que ses actions éducatives imprègnent les territoires, les quartiers, les halls d’immeubles.

Sylvain HENRY

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